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Vadrouille débrouille

Petits récits de voyages...en vadrouille et avec débrouille. Le principe est simple: je pars pour une destination sans avoir rien préparé au départ, aucune réservation, aucun obligation, chaque matin je ne sais pas où je vais dormir le soir même, ni où je vais être. Débrouille parce que forcement il faut se nourrir, se laver, dormir.

Le principe n'est pas de faire de la survie, mais simplement de raconter comment je voyage sans réserver d'hébergement, sans planifier, sans prise de tête. C'est clair que le confort absolu n'est pas recherché, je cherche avant tout à vivre mes voyages, et voir du pays. Vadrouille, débrouille mais pas glandouille!

Trajet EP1: Strasbourg-Sarajevo
Trajet EP2: La Loire à vélo

Ljubljana

Capitale de la Slovénie, et pourtant deux fois plus petite que Strasbourg, Ljubljana (prononcer lioubliyana) est une ville beaucoup plus accueillante que Maribor. N'ayant trouvé personne pour nous héberger via Couchsurfing, nous décidons de prendre une auberge de jeunesse. Malheureusement celle qui nous à été recommandée, « Celica » est complète. Dommage car c'est en fait une ancienne prison dont les cellules ont été réaménagées en chambres. Ambiance assurée. Nous nous replions par conséquent sur l'Hotel Park, qui propose certaines chambres-dortoirs en auberge de jeunesse. Bien que ça fasse parfaitement l'affaire, l'hôtel nous semble terriblement froid et aseptisé. Nous ne sommes plus habitués à tant de sobriété et le manque de personnalité nous affecte vraiment. Bon au moins ça ne nous coute pas cher.


Petit cours de langues des balkans:
Š se prononce «ch »
Č se prononce « tch »
C se prononce « ts »
Ž se prononce « j » façon « jeu »
J se prononce « y » façon « yeu »

La ville est très jolie, parsemée de petites ruelles, les bâtiments sont beaux, les rues pavées, les statues majestueuses. Les gargouillis commençant à être de plus en plus pressants, nous sommes allés dans un des restaurants recommandés par le guide de Céline, le Pri Škofu, et nous n'avons pas été déçu: des plats appétissants, créatifs, savoureux, un vin rouge slovène très bon, quoique manquant un peu d'attaque, et des desserts gargantuesques et délicieux.


Le centre-ville, autour de la rivière et du fameux triple-pont est bordé de bars à ambiance lounge/fashion. Pas trop notre truc, on préfère largement les endroits plus rock'n'roll qui sentent la sueur et la bière. C'est alors que nous croisons un malabar barbu et tatoué, que je m'empresse d'aller passer à la questionnette au sujet de notre recherche de bar. Il me répond que lui et son pote sont exactement dans la même situation!
Nous sympathisons avec eux, le barbu s'apelle Belly, est néo-zélandais, et boucher de métier (avec sa tronche, ça colle parfaitement). Son compère, Max, est Australien, et je n'ai jamais compris ce qu'il faisait exactement, tellement il est difficile de le comprendre à cause de son foutu accent.


Après une tentative infructueuse au Skeleton Bar, déco superbe, mais musique de kékés, nous décidons tous les quatre de se diriger vers le quartier de Metelkova, ouj se trouve la fameuse auberge de jeunesse Celica, car c'est également le quartier alternatif de Ljubljana. Les murs sont couverts de tags tous plus excellents les uns que les autres, des tentes sont dressées, des minivans et voitures bien « roots » et décorés sont garés un peu n'importe comment. Des tas de jeunes boivent des canettes, chantent et rigolent, partout, des chiens errent, c'est plein de couleurs, bref, on se sent tout de suite mieux. Cette zone alternative est toute petite, juste la taille d'un gros pâté de maisons entouré de quatre rues dons la plus grande est la Metelkova Cesta. Au centre se trouve une baraque colorée, le Jalla Jalla, qui est en fait le seul bar/fournisseur de boisson du quartier. Nous y entrons, l'ambiance et la musique sont excellentes, des dessins animés sont vidéo-projetés sur un mur... L'unique pièce étant minuscule nous faisons connaissance avec beaucoup de gens sur la mini-terrasse et l'extérieur, des slovènes, hollandais, italiens, des français qui ont perdus leur papiers... excellente soirée, beaucoup de rires, et nous en garderons certainement d'excellents souvenirs.


Le lendemain, après un réveil difficile comme il se doit après une telle soirée, nous allons visiter le château qui surplombe le centre ville. Très -trop!- bien restauré, il est aujourd'hui transformé en restaurant/musée/lieu d'exposition et l'accès à la grande tour pour avoir le meilleur panorama de la ville est payant. Dommage qu'un tel lieu ait perdu une si grande par de son héritage médiéval.


Un dernier petit tour en ville le temps d'une glace, puis nous repassons à l'hôtel prendre nos affaires et nous nous mettons en route direction Bled. Vu su'il est déjà quasi 17h30, nous sommes conscients qu'il va être compliqué de rejoindre Bled qui se situe quand même à près de 60km. Céline parie qu'on y arrivera, je pense plutôt qu'on sera du coté de Kranj («kranieu », une ville intermédiaire.)
Le temps de se tromper deux fois de bus pour rejoindre le spot de stop (on nous a mal renseignés...), nous voilà sur le trottoir. Nous avions a peu près déployé la pancarte KR (Kranj) depuis à peine trois secondes (véridique, pas plus!), qu'un jeune étudiant nommé Rok s'arrête pour nous prendre. Il nous dépose pas loin de la sortie d'autoroute pour Kranj, en pleine nature. Il reste quelques kilomètres à parcourir pour arriver à Kranj, mais les voitures passent par là pour prendre l'autoroute. Bien qu'il n'y ait pas vraiment de place pour que les voitures puissent s'arrêter, il y a un feu rouge, et nous décidons à tenter notre chance quand même, nous préparant mentalement à bivouaquer ici, le coin étant fort pourvu de charmants prés bien verts.


J'ai perdu mon pari, au bout d'un demi heure, un jeune musicien, Ted s'arrête pour nous. Il nous emmène jusqu'à Bled, faisant même un petit détour pour nous y déposer, car il habite un petit village à 4km.

Lire la suite 1 Commentaire | Publié par Gilles edit post

Maribor

Maribor est la seconde ville du pays, et une station de ski réputée l'hiver. Le contraste avec l'opulence autrichienne est assez saisissant. Les bâtiments sont bien plus gris, pas très entretenus. A noter qu'il y a du wifi gratuit dans les parcs, offert par la municipalité. Bien pratique.

Nikola, notre hôte CS nous récupère dans l'un d'eux et nous conduit chez lui. Il habite une « barre » dans un quartier populaire qui chez nous serait dit « de banlieue ». Les batiments sont anciens, moches, recouverts de tôle gris clair. Ça fait sérieusement cliché « pays de l'ancien bloc soviétique ». Son appartement est spartiate. C'est principalement sa résidence pour le travail, il rentre chez ses parents le weekend. De plus il déménage fin de semaine, donc plus de déco, plus grand chose en fait.


Niko se définit comme geek et un peu asocial. 3 pc portables, 2 téléphones, grande TV LCD, et consoles de jeu... Il travaille dans l'informatique et s'y éclate... un peu cliché aussi. Cependant il parle énormément, tellement qu'il est parfois difficile d'en placer une, mais quasi toujours pour dire des choses intéressantes, il connait énormément l'histoire et la culture du pays.


En raison d'un énorme orage, comme j'en ai rarement vu, nous sommes simplement allés manger une pizza le soir. Il n'y a pas ou très peu de plats typiquement slovènes, et dans l'ensemble, on trouve à peu près la même gastronomie dans tous les pays de l'ex Yougoslavie. A noter les huiles d'olive, de citrouille, et olive/basilic servis en plus de trois sauces, tomate, yaourt et piment.


Finalement le peu que nous avons vu de Maribor m'incite à dire que la ville ne vaut pas le détour, à part une ou deux églises ou places sympa.


Vu qu'il pleut à notre réveil, nous décidons de prendre le train pour Ljubljana au lieu de faire du stop. Trajet très agréable, le chemin de fer longeant un cours d'eau , serpentant au gré des vallées.

Lire la suite 1 Commentaire | Publié par Gilles edit post

News fraiches.

Bonjour tout le monde,

Il y a un léger décalage entre les articles du blog et la réalité, environ 2 jours.
Les photos sont elles plus souvent mises à jour, et vous avez peut-être remarqué l'apparition de deux nouveau liens dans la barre supérieure: "Videos" et "Trajet".
Je vous laisse cliquer dessus pour les découvrir, j'ai encore quelques videos en stock, mais les mettre en ligne en HD demande du temps et une solide connexion, ce qui est rare.

Nous partons ce soir en stop pour le nord ouest de la Slovénie, région qui semble magnifique, et bien plus rurale. Il est donc fort possible que vous n'ayiez plus de nouvelles pour quelques jours.

Pour l'instant tout va parfaitement pour nous, nous vous embrassons tous bien fort.

Céline et Gillesssssssssssss.
Lire la suite 0 commentaires | Publié par Gilles edit post

Graz

Graz est la seconde ville autrichienne après Vienne. Dès l'arrivée, le hall de gare nous surprend par ses couleurs vives et son aspect très moderne. Nous avons rendez-vous avec Luciana, une amie Brésilienne vivant à Graz, que j'ai connue lors de son passage à Strasbourg il y a quelques mois.
Deux bières plus tard, elle nous emmène chez Daniel, un couchsurfer autrichien et ami à elle qui nous prête son appart pendant notre séjour. Oui, vous avez bien lu, il ne nous connaît même pas et pourtant nous laisse les clefs via Luciana pendant deux jours. Nous sommes les premiers surpris et décidons par conséquent de rester un jour de plus pour attendre son retour et le rencontrer.


Le lendemain, nous appelons Luciana pour la rejoindre avec deux amis, Steffi et Oliver pour aller dans un « Buschenschank ». Il s'agit d'une sorte de ferme-restaurant qui a à le droit de vendre uniquement des produits 100% faits maison. Nous prenons le bus pour nous rendre quasiment à la sortie de la ville et nous entamons une montée infernale de près de deux trois kilomètres à travers la forêt. Au bout d'une bonne demi-heure d'effort, la délivrance, nous arrivons dans une grande clairière, où se trouve deux maisons, des balançoires, des tables et bancs surplombés par un toit fait de vignes grimpant sur une structure en bois. Charmant endroit.


Pas de bière ici, mais du « Most », une sorte de vin de pomme/cidre non pétillant assez acide et sec. Avec ses déclinaisons Mischmost, mélangé avec du jus de pomme, bien plus sucrée et Most Mischung, mélangé avec de l'eau. Il produisent également leur propre jus de fruits et sirops. En plat, comme expliqué plus haut, des produits de la ferme, un plateau de charcuteries énorme, avec du jambon, des rillettes, du paté, un morceau de saucisse sèche, de la volaille, des cornichons, poivrons, piments, oeufs, copeaux de fromages et saupoudré par dessus tout ça, ressemblant à s'y méprendre à du parmesan ou du gruyère, du raifort. Je n'y aurais jamais pensé, mais cela donne un goût tout à fait excellent. Et dire que tout ça est fait maison et à poussé ici. Un vrai orgasme gustatif.


Quelques « Most » et fous-rires plus tard, nous retournons dans Graz pour une visite de la ville. Au coeur de celle-ci se trouve le Schloßberg, un promontoire en plein centre ville, sur lequel se trouvait autrefois un château qui dominait toute la ville. Presque 300 marches pour arriver au sommet, environ 150 mètres je crois, où se trouve la « Uhrturm », la tour de l'horloge, un des très rares vestiges du château d'autrefois, et symbole de Graz. Particularité: les aiguilles des heures et des minutes sont inversées, comprendre que celle des heures est la plus longue. La vue est magnifique, vous aurez l'occasion de la voir en vidéo HD une fois que j'aurai eu le temps de la mettre en ligne.


Le soir soirée couchsurfing dans un restaurant. Pour y arriver....une montée de 2km comme j'en ai rarement vue: 24% ! Faut vraiment la mériter sa bière ici...
Le restau fermant ses portes, nous finissons notre soirée dans une sorte de bar-troquet à la musique des années 90 bien "beauf".


Dimanche, bien essorés par la journée précédente, nous procrastinons monumentalement, jusqu'à l'arrivée de Daniel, en milieu d'après-midi. L'entente s'est fait immédiatement, tant Dani est une personne intéressante, hilarante, sympathique et par dessus tout, modeste, en regard de toutes ses connaissances, et tous les endroits où il à voyagé. Nous étions notamment morts de rire quand il nous a montré son sous-marin radiocommandé dans son aquarium pour persécuter ses poissons...


Le soir nous sommes allés avec Luciana et Dani à un festival de musique nommé Ackern. En plus d'être gratuit, l'organisation est tout simplement géniale. Pas de bancs ni de tables mais des bottes de pailles compressées, parfaitement disposées. Le sol est recouvert d'écorces, et nous avons droit à de vraies chopes en guise de gobelets. 2€ de consigne par chope, 1€ par bouteille, résultat: ZERO déchet par terre. L'ambiance est vraiment bon enfant, les gens sont venus en famille et même si le groupe de rock local ne suscite pas plus d'excitation que ça, tout le monde a le sourire et semble passer un excellente moment, avec la douceur du soir et le coucher de soleil derrière des champs de tournesol.


Lundi matin, nous allons faire quelques courses avec Dani, puis il nous dépose près d'une entrée d'autoroute, à la sortie d'un rond point: notre spot de stop (essayez de le répéter très vite ;)
Au bout de même pas dix minutes un van s'arrête avec à son bord un type super sympa dont j'ai oublié le nom, sa fille et une de ses amies. Habitant Bad Radkersburg, à l'extrême sud-ouest de l'Autriche, il nous emmène juste de l'autre coté de la frontière, à Gornja Radgona. Un peu de marche jusqu'au prochain endroit adéquat, puis nous ressortons les pancartes et les pouces. 15 minutes et un jeune couple (parlant à peine anglais) nous prend jusqu'à Maribor...elle est pas belle la vie?

Lire la suite 2 commentaires | Publié par Gilles edit post

Salzbourg


Après un petit déjeuner « à l'allemande » composé de tartines beurre/vermicelles au chocolat, miel/fromage frais et beurre de cacahuète/fraises, Simon nous a fait faire une visite de la ville. Pas mal de beaux bâtiments, beaucoup d'églises, de couleurs. Des jardins très verts et immenses et une énorme surprise: à la sortie d'un pont où le courant est fort, une rivière forme une vague sur laquelle s'adonnent à leur passion des dizaines de surfeurs. Oui, comme à Hawaï, mais en plein centre-ville de Munich.


Pour notre départ pour Salzbourg, Il nous à également parlé d'un super plan: un ticket valable dans toute la Bavière, pour 5 personnes, à 25 euros. Nous sommes donc allés à la gare et en a peine deux minutes devant le train nous partagions le billet de deux allemands fort sympathiques. 6,25€ par personne pour faire 150km, allez trouver mieux en France...

Arrivés à Salzbourg nous nous mettons directement à la recherche de l'auberge de jeunesse YOHO que m'a conseillée Sandra, une amie autrichienne originaire de Salzbourg. Rien à dire c'est über-propre, il y a des casiers fermant avec badge dans les chambre et nous sommes à trois dans une chambre à 6 avec une canadienne qui, ma foi, donne sacrément envie de visiter le pays des caribous ;-)
La ville en elle même est très jolie, une rivière la coupant en deux, possédant nombre de bâtiments dont je ne saurais qualifier le style, mais bordel, il claquent quoi. Ouais parce que y a des batiments, bon, ok, il claquent, mais à Salzbourg, les batiments, ils claquent quoi. ;-) La maison où à vécu Mozart, celle où il est né, les maisons adossées au falaises, celles fleuries aux couleurs chatoyantes, les nombreuses églises...


En plein centre ville pour trois fois rien on nous a servi un plat énorme de viandes diverses, frites et chou pour deux, qui comme il se doit fût englouti en moins de temps qu'il ne faut pour le décrire. Avec une excellente Weißbier bien sûr.


La pluie pointant le bout de son nez, nous nous sommes réfugiés à l'Afro Café, dont la déco est juste excellente, entièrement fait avec des bouts de plastique usagé (bouteilles, capuchons, semelles, seaux, etc....) dans un défilé de couleur absolument incroyable. Malgré l'extrême confort des canapés placés en terrasse (à quand une terrasse pareille à Strasbourg?), nous voilà réfugiés à l'intérieur pour éviter la pluie qui s'infiltre entre les stores, en train de consommer un thé tout simplement formidable. Je ne sais plus exactement ce qu'il y avait dedans, mais je vous recommande le « Addis Ababa » qui en plus d'être servi avec le sourire, un triple sablier (3/4/5 minutes) et un biscuit, l'est de plus en quantité : une théïère pleine. Nous sommes par la suite rentrés directement nous coucher laissant malheureusement derrière nous une quantité certaine de charmes inexplorés de cette ville très plaisante.


Reveil rapide, ptit déj en deux-deux, et nous voilà dehors à 10h. Arrêt à l'épicerie du coin où le taulier nous laisse gentiment récupérer deux cartons et nous prête même son marqueur pour confectionner de superbes pancartes « GRAZ ». Direction le centre ville, j'ai repéré deux spots d'autostop sur Hitchwiki la veille.
Alors que je cherche sur mon netbook comment y aller, Céline tend déjà le panneau et en a peine 5-10 minutes un mec s'arrête pour nous prendre. Il s'appelle Tino, et bien qu'il n'aille pas à Graz, il nous explique que nous n'aurons pas beaucoup de chances d'être pris ici, et nous dépose au meilleur endroit pour faire du stop de Salzburg. À la sortie de la ville, juste avant une entrée d'autoroute (direction Linz, Wien), avec un large dégagement sur la droite pour que les voitures puissent s'arrêter, à un croisement à feux rouges, juste à coté d'un McDo. Techniquement le spot parfait en effet. Mais c'est là que la galère commence.
Au bout d'un heure de levage de pouce intensif infructueux, les joues crispées par le sourire – même pas artificiel parce que jusque là nous nous amusions bien, par signes et grimaces interposées, avec les gens qui nous éconduisaient, surtout les motards d'ailleurs – nous avons décidé devant le peu de succès de changer nos pancartes. Dans le magasin de bricolage « HILTI » adjacent, nous avons donc demandé un marqueur pour les modifier en « Linz » et « EAST/SOUTH ». A noter l'extrême sympathie des employés qui nous ont gracieusement offert un café. C'est dingue comme le fait d'être un « backpacker » attire la sympathie des gens. Retour à l'intersection, nouvelles tentatives, même résultat. En changeant d'endroit pour aller directement au feu rouge, pareil. Nous commencions à envisager la possibilité d'éventuellement caresser le début d'un intérêt de trouver opportun de retourner sur le centre-ville pour prendre un train.
C'est alors que débarqua d'on ne sait où une tchèque très sympathique dont j'ai oublié le prénom, véhiculée jusqu'ici par un bosniaque et qui tentait de rentrer chez elle en stop. Elle déteste l'Autriche, les autrichiens, et notamment les conducteurs, et nous explique que systématiquement c'est la galère pour se faire prendre en Autriche, contrairement à la Slovénie ou les Balkans en général, difficulté sûrement due au fait que les autrichiens sont très attachés à leur satanées grosses bagnoles et ne tolèrent pas qu'un voyageur bouseux puisse en user le cuir des sièges...

À trois, avec les sacs en plus, c'est mort, complètement impossible d'être pris. J'essaie encore un peu brièvement, pendant que les deux nénettes taillent le bout de gras, puis on décide avec Céline de revenir vers le centre et prendre le train. Nous sommes à 3km du centre et donc nous traversons la route, griffonnons vite fait « ZENTRUM » sur un calepin, et tentons notre chance de ce coté. Malgré le fait que la quasi totalité des gens soient obligés de passer par le centre, la plupart nous font des signes comme quoi ils ne vont pas dans notre direction, et refusent de nous prendre.
Et là l'incroyable se produit. Alors que cela fait à peine dix minutes que nous levons le pouce de ce coté, une voiture s'arrête juste devant nous, avec un jeune à bord. Nous lui demandons évidemment s'il va vers le centre, et le conducteur nous répond que non, il va sur Linz. « Ah ben nous aussi ça tombe bien! ». Finalement il accepte de nous prendre, et nous faisons peu à peu connaissance avec lui sur la route.
Il s'appelle Klemens, 23 ans et à déjà voyagé pas mal, notamment en Nouvelle-Zélande (qu'est- ce que j'aimerais visiter ce pays!), fait un peu de jonglerie et autres trucs de cirque. Il nous avoue aussi ne pas avoir eu l'intention de nous prendre initialement, mais qu'il s'était arrêté pour remettre en place son bouchon de réservoir avec lequel il avait un problème. Aussi nous devrons faire un petit détour de par chez son grand-père qu'il va visiter dans un petit village au passage.
Nous voilà dans une maison typiquement autrichienne, au bord d'une rivière dans un hameau perdu, chez le grand-père en question, en train de prendre un « café gâteaux ». Le type est adorable, on essaye tant bien que mal de le comprendre car il a un fort accent, à défaut Klemens nous fait la traduction. Ancien garde forestier à la retraite, les murs sont couverts de trophées de chasse, avec en point d'orgue les photos de son premier cerf abattu et celle du dernier. Aujourd'hui il s'occupe de sa maison, des plantes hybrides grimpant le long des murs extérieurs, proposant suite à des boutures, des abricots ou des poires qui nous faisaient sacrément de l'œil...


Klemens nous dépose à la gare de Linz, non sans nous avoir gentiment proposé de nous joindre à une fête organisée chez lui le soir même, proposition que nous avons malheureusement dû refuser car nous étions attendus à Graz. 75€ pour deux pour aller à Graz en train, c'est vraiment trop cher. Je demande donc au guichetier s'il ont une solution « cheap », et il nous propose un billet de groupe pour 5 personnes à 28€ avec deux correspondances, quatre heures de trajet en se tapant tous les arrêts possibles et imaginables à travers l'Autriche dans des trains régionaux aussi rapides qu'une limace unijambiste.
Nous nous mettons par conséquent en quête de voyageurs avec qui partager le billet, et malgré le fait que j'ai dû interroger quasi tous les voyageurs de la gare, impossible cette fois de mutualiser l'investissement.
Et pour cause, le train est quasi vide. Nous avons juste croisé une bande de jeunes en costumes traditionnels qui se rendaient à une fête (Ils nous ont aussi proposé de les rejoindre), j'en ai profité pour apprendre quelques pas de danse autrichienne avec l'une ou l'autre des charmantes belligérantes. Quelques discussions avec un illuminé fan de chamanisme dans le train suivant, et nous voilà arrivés à Graz.

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Munich

7:30
Ça y est, on est sur les rails. Sur les rails? Oui, car finalement pour compenser le décalage du départ, nous avons décidé de prendre le train directement pour Munich. Du coup, recherche de Couchsurfeur en urgence, j'espère qu'une bonne âme nous laissera squatter malgré la demande ultra tardive.
Le train est quasi vide, et mon dos et mes fesses commencent à saisir toute la portée du concept de « fermeté germanique », les sièges étant aussi moelleux que Frédéric Lefebvre m'est sympathique. Absence totale de rideaux, et le train est quasiment tout en plastique, ouais, comme les poubelles.

Pour ceux que ça peut intéresser, voici la liste des affaires que j'emmène:

1 sac à dos 70L + 10L
1 sac à dos de visite 18L + Poche à eau 1,5L
1 tente (Décathlon T3 ultralight pro)
1 sac de couchage
1 sac à viande en soie
1 matelas auto-gonflant
1 popote pour deux pers.
1 réchaud + gaz
1 lanterne led à piles
1 Opinel
1 couteau suisse
1 briquet tempète + un briquet cheap
1 lampe torche led à dynamo
1 sifflet – boussole – loupe
1 bidule réflecteur jaune fluo que c'est pour les cyclistes normalement
1 barbe bien fournie
1 poche à eau 2L
1 gourde + étui isotherme 1L
1 serviette microfibre
1 trousse de secours
1 cape de pluie/coupe-vent
1 paire de chaussures de marche/rando
1 paire de sandales de marche spéciales pour gens qui puent des pieds
2 petits cadenas à clé
3 mousquetons
1 mule blonde aux cheveux longs
1 brosse à dents + dentifrice
1 savon d'Alep
1 pierre d'Alun
1 porte monnaie « caisse commune »
1 téléphone juste pour avoir mes contacts
1 rouleau de PQ
2 sachets de Spaghetti bolo lyophilisés sponsorisés par la TMI ;-)
2 petits sacs légers
3 t-shirts synthétiques + 1 coton
4 caleçons
1 ceinture
1 maillot de bain
1 pantalon en toile léger
1 pantalon convertible
1 bermuda
1 pantacourt
1 chemise en coton légère
1 pull léger
1 bob
3 paires de chaussettes de rando
2 paires de chaussettes basses
1 netbook
1 baladeur mp3
1 tondeuse

Nous avons fait deux photocopies de nos papiers d'identité, une restera chez nous, l'autre dans le sac, et nous porterons les originaux sur nous. Nous les avons également scannés et mis sur internet au cas où.


Nous sommes maintenant entre Karlsruhe et Stuttgart, le train s'est rempli au dernier arrêt, il n'y a plus une place de libre, et je vais tenter de continuer ma nuit, dont le cumul s'élève à un total vertigineux de trois heures pour l'instant.


13:00
Arrivés à Munich depuis 2 heures, on s'est déjà copieusement rempli la panse dans un biergarten, au milieu de l'ancien parc botanique avec un truc bien léger comme il se doit, une viande avec une quenelle de pommes de terre bizarre, gelagrumeuse comme dit Céline. Évidemment accompagné d'une bière, qui d'ailleurs n'existe pas dans un format inférieur au demi-litre.


Sur le trajet j'ai remarqué que énormément de maisons étaient pourvues de panneau solaires, une sur deux environ, et quasiment une sur quatre ou cinq en a le toit entièrement recouvert. A Munich même, les poubelles sont souvent au format « tri sélectif ». En France les beaux discours et autres grenelles sont légion, ici on voit directement les applications concrètes.

16:00
Dehli Star café, enfin un point d'accès internet. Les McDo allemands offrent une heure de net gratuite mais il faut un numéro T-mobile. Super on a un contact pour nous héberger via CS. Le temps de l'appeler, rendez-vous est pris, chez lui une heure plus tard.

21:00
Nous avons rencontré Simon et Eva, très sympas. Ils ont un super appart au calme et avec beaucoup de verdure autour. Simon nous a emmené dans un petit resto bavarois ou la commande de Céline à été copieusement oubliée. Du coup Simon et moi nous sommes régalés et je ne vous raconte pas la frustration de la miss. Le temps de passer chez le chinois du coin choper un truc à emporter, et nous voila partis pour un rendez-vous avec quelques couchsurfers.


Le coin est absolument génial. Au bout d'un cours d'eau couleur pastel, en contrebas d'un pont, une immense étendue herbée ou des dizaines et des dizaines de jeunes discutent, boivent des bières, jonglent, font des bolasses, ou encore chantent au son d'un guitare à coté de bougies diffusant une lumière apaisante qui finit de nous mettre dans l'ambiance.
Je ne compte pas le nombre de litres de bière ingurgités ce soir, ni les bonnes rencontres en nombre incroyable, des gens tout ce qu'il y a de plus classique aux plus fous et invraisemblables, comme Indy par exemple, un illuminé dormant tout l'été sous le pont adjacent, qui organise chaque mois un mini-festival de jonglage et de clownerie dans ce lieu vraiment spécial.


Notre première journée ne pouvais réellement pas mieux se dérouler.
Lire la suite 5 commentaires | Publié par Gilles edit post

Merci.

Les trois derniers jours se sont enchainés à une vitesse absolument folle. Trois jours riches en rires, émotions, fun, délires, soleil, bouffe, alcool, et je dois bien l'avouer, pincements au cœur.
Les messages et marques de sympathie à mon égard, laissés par mes anciens collègues, même ceux que je connaissais à peine m'ont beaucoup touché. Même si évidemment, muré derrière ma carapace dérision, je l'ai peu laissé transparaître.
A peine rentré vendredi soir, débarquement massif d'amis de toute parts, alsaciens, franc-comtois, couchsurfers. Putain de soirée. Du gros n'importe quoi comme je l'aime. Un samedi et dimanche du même acabit. Vraiment, des amis pareils, ça poutre...


Je voulais juste vous dire une chose simple, à tous, sans exception: MERCI.


Les préparatifs du coup n'ont pas avancé, du coté de Céline non plus, départ reporté à mercredi à l'aube. Pour l'heure, vu l'état de l'appart, la problématique s'intitule « Comment transformer le Mordor en Disneyland »...

PS: Gérald, j'ai oublié un truc, tu peux activer le paramètre « Out of office » sur ma boite mail? :-D :-D
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A propos de moi:
Age:29 ans.
Taille:1m83.
Poids:Sponsorisé par Picon et Cochonou.
Yeux:Gris-Vert avec un cercle jaune dedans, comme les mutants.
Cheveux:J'ai arrêté.
Piercings:Non, toujours étanche.
Tatouages:Oui mais non.
Astro:Comme tous les poissons, je ne crois pas à l'horoscope.
Religion:Schpouit

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