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Vadrouille débrouille

Petits récits de voyages...en vadrouille et avec débrouille. Le principe est simple: je pars pour une destination sans avoir rien préparé au départ, aucune réservation, aucun obligation, chaque matin je ne sais pas où je vais dormir le soir même, ni où je vais être. Débrouille parce que forcement il faut se nourrir, se laver, dormir.

Le principe n'est pas de faire de la survie, mais simplement de raconter comment je voyage sans réserver d'hébergement, sans planifier, sans prise de tête. C'est clair que le confort absolu n'est pas recherché, je cherche avant tout à vivre mes voyages, et voir du pays. Vadrouille, débrouille mais pas glandouille!

Trajet EP1: Strasbourg-Sarajevo
Trajet EP2: La Loire à vélo

EP2 J6 - Repos bis

Au réveil je me retrouve seul avec Marina. Maryline est partie à la pêche avec Marco et Fred, et du coup après le pti'dej je m'occupe de peler les tomates pour faire un coulis, puis nous montons à la ferme voisine (être voisins veut dire habiter à 500m environ dans le coin) pour chercher des fromages.

L'heure du déjeuner arrive et nous allons rejoindre les autres à l'étang pour pique-niquer. Lorsque nous arrivons, les paniers regorgent déjà de tanches et quelques carpes. Évidemment le pique nique se déroule dans la meilleure des ambiances, surtout avec Alain, légèrement éméché, qui ne comprend pas comment un alsacien peut porter un kilt sans avoir d'origines écossaises.

En fin d'après-midi, nous emmenons les enfants de Fred et de Marina voir un film à Roanne. Ce sera « Le voyage extraordinaire de Samy », un film d'animation en 3D retraçant les aventure d'une tortue de mer, et pour l'occasion ca sera ma première expérience de film en 3D. Au final, c'est un bon dessin animé pour enfants, l'effet 3D est superbe sur les plans calmes où ça ne bouge pas trop vite, mais dès qu'un banc de poissons file à toute allure ou que l'animation devient trop rapide, ça fait mal aux yeux. Moyennement convaincu donc.

Le soir nous rejoignons « les hommes », toujours à la pêche, pour un dernier barbecue et une dernière partie de rigolade avant de rentrer pas trop tard, car Maryline et Karine bossent le lendemain...

Finalement Maryline avait raison, chez Marina et Marco, on sait quand on arrive, mais jamais quand on repart!
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EP2 J5 - Repos

Après une soirée peinard avec Karine et Maryline, et ma première grasse matinée depuis longtemps, (youpi !! ), et un repas léger, nous allons à Pradines, où nous sommes invités pour la soirée par Marina et Marco. Lorsque nous arrivons Marco et deux amis venus prêter main forte mettent la touche finale au remontage d'un kiosque, qui, quelques minutes plus tard sera surmonté d'un baby-foot. Marina tenait autrefois le bar juste en face de chez Maryline et Karine, et elle termine son emménagement.

Marco à racheté cette maison il y à 5 ans. Depuis, il y travaille selon son rythme, sans aucune contrainte de temps. Cela fait seulement un an environ qu'elle est habitable, auparavant il habitait dans sa caravane. Le résultat est tout simplement fantastique, car Marco à pu durant tout ce temps réaliser des travaux colossaux, et la maison a un aspect ancien, avec de magnifiques poutres apparentes et des revêtements muraux et de sols très bruts. Cependant son agencement est plutôt contemporain, avec une salle de bain lumineuse et une mezzanine donnant sur un grand vide, Marco ayant carrément refait tout le plancher de l'étage, en laissant cet espace.Vraiment, construire sa maison quand on a le temps, ça ne donne pas le même résultat que quand on est contraint par le temps, et qu'on doit la rendre habitable rapidement.

De la terrasse recouverte d'un toit de vigne, la vue sur les vallons avoisinants est splendide. Sur la colline d'en face Marina s'amuse à voir des animaux dans les formes des arbres, ici un dromadaire, là une autruche, plus loin un mammouth. Et effectivement on dirait un mini-zoo d'animaux immobiles.

Après un apéro bien allongé, nous montons sur la partie surplombant la maison pour arroser le potager, qui est immense. Salades et tomates côtoient blettes et ciboulette et reçoivent toutes leur dose d'or bleu, tiré au seau du puits attenant. Prochainement, un poulailler viendra occuper la large partie en friche, et comme dit Marco, « on pourra bientôt quasiment vivre en autarcie ».

Nous allumons le feu de ce qui sera le premier barbecue de mon périble, je ne vous raconte même pas comment je me réjouis. Le repas est excellent, Marina ayant préparé un succulent gratin de légumes et une salade, le tout avec des produits du jardin. Quel plaisir de manger des légumes ayant du goût !

Les discussions vont bon train, on parle de tout et de rien, on rigole beaucoup, et la soirée, bien arrosée, s'enchaine sur un tournoi de baby-foot éclairé à la baladeuse et sponsorisé par les Côtes du Rhône. Vers 4h00 du matin, en revenant des toilettes, en traversant la chambre, voyant le lit, je passe à coté et je trépasse, abandonnant aux autres la clôture de la soirée.
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EP2 J4: Feurs - St Victor sur Rhins

Réveil à 7h30, mal au dos et mon ennemi de la matinée se nomme Humidité. La tente est trempée à l'extérieur, et tout est un peu moite, même dans la tente (sac à viande, étui du sac de couchage, vêtements qui trainaient...). Enfiler un cycliste humide et des chaussettes humides, mmmh j'aime !
Heureusement le soleil est toujours de la partie, en rangeant mes affaires, je passe tout sous ses rayons bienfaisant pour bien que ça sèche, car plier une tente mouillée est la promesse de moisissures!

Aujourd'hui je suis particulièrement motivé. Parce que je vais revoir Maryline, une fille que j'ai rencontré sur Strasbourg via CouchSurfing. Elle va m'héberger dans son petit village et en plus elle est en congés demain. Pour moi demain du coup c'est journée off, repos et récupération. Je pense qu'il vaut mieux en prendre une dès maintenant plutôt que de forcer et ne pas voir la mer.

Je reprends la nationale diabolique, qui ne m'épargne pas avec des montées interminables en plein soleil. Voyant que la situation ne s'améliore pas je bifurque vers les petits villages, et je me dis que même sans carte, je trouverai un moyen d'arriver à destination. Le Prieuré de Pouilly est fermé, mais le village est très joli. Je continue en direction de Balbigny ou je suis obligé de reprendre un court bout de nationale, avant de bifurquer à la première occasion vers Saint-Marcel-de-Félines où se trouve un château du XIème siècle. Évidemment je déjeune à coté de l'église, mais les visites du château étant à heures fixes, 14h30 en l'occurrence, je décide de ne pas attendre, on the road again.

La partie qui suit est vraiment très vallonnée, très rurale et très jolie. Les vues sont sympathiques, le seul problème c'est que les montées sont loooooooongues de plusieurs kilomètres, jusqu'à quatre-cinq parfois. Le tout est de trouver un bon rythme de pédalage, et d'être patient, c'est long, je n'avance pas vite, mais de façon assez constante. Je m'arrête autant que nécessaire, quand les cuisses brûlent de trop, parfois 3, 4 fois si nécessaire. C'est ça l'avantage de ne pas être pressé. Les descentes sont tout aussi impressionnantes, à plus de 50 km/h parfois. L'important pour éviter le guidonnage, comme le poids est à l'arrière sur Helmut est de bien mettre son poids sur le guidon et d'anticiper les trajectoires, en donnant un minimum d'angle au vélo dans les virages. Faire attention au gravier aussi, ne pas hésiter à freiner pour ne pas arriver trop vite dans un virage et « ça passe crème » comme diraient les jeunes avec qui je bosse.

Après quelques vallons et une montée littéralement infernale avant Regny, j'arrive enfin à Saint Victor sur Rhins, et je m'arrête au café du coin en attendant le retour du travail de la coloc à Maryline. Mes pieds me font mal et quand j'enlève mes chaussettes, ce sont de véritables crevasses que je vois dans ma voute plantaire. Décidément passer deux bonnes nuits et une journée de repos s'avère réellement nécessaire.
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EP2 J3 : Aurec sur Loire – Feurs

Réveil super tardif, il est presque 9h30 ! J'ai vraiment bien dormi, et je suis d'attaque pour repartir. Le temps de récupérer ma poubelle, qui comme prévu à été dévastée... probablement un renard ou un ragondin.

Une petite descente pour commencer, avant d'attaquer une terrible montée de 16km. Je rêve déjà au steak-frites que je vais me faire ce soir... Mes jambes souffrent, mais au sommet, je tombe sur le charmant village de Chambles, dont l'église ainsi que la tour de 18m méritent le détour. La vue sur les méandres de la Loire est superbe, mais je ne m'attarde pas trop, j'ai envie d'avancer, et une longue descente m'attend.

Après avoir encore un peu joué au yoyo sur les reliefs du nord du Massif Central, me voilà dans la plaine du Forez. Je m'arrête pour manger juste à coté de l'église du superbe village médiéval de St Just-St Rambert. Vous remarquerez que je m'arrête souvent près des églises. C'est juste que souvent elles sont au centre-ville, et puis sur le coté nord des églises il fait frais, les pierres gardant la fraîcheur. En plus au bord de celle-ci il y a une sorte de banc de pierre qui est parfait pour manger, puis faire une petite sieste. En passant, écouter Dimmu Borgir à coté d'une église, c'est plutôt sympa.

Je repars et cherche à longer la Loire, mais en fait de route c'est un petit sentier cahoteux plein de cailloux, et je galère pas mal. Je reprends donc le bitume vers le nord, traverse plusieurs villages sans grand intérêt, étirés le long de la route, pour finalement arriver sur une nationale droite et chiante. Je roule avec le soleil dans le dos, et le vent de face, et pas un coin d'ombre à l'horizon. En fait c'est tout simplement horrible et j'ai l'impression de ne pas avancer, ce que me confirme mon compteur. Les montagnes me manquent !

À Montrond les Bains, mes bidons sont vides comme les couilles d'un taureau après la saillie. Comme on est dimanche et que tous les commerces sont fermés, et que je ne vois aucun habitant du bord de la route dans son jardin ou sur sa terrasse, c'est un peu galère. Savez-vous à quel endroit, ouvert 24h/24, 7j/7 vous pouvez quasiment à coup sur trouver de l'eau ? On n'y pense jamais mais c'est au cimetière, tout bêtement. Je refais le plein, et continue ma route jusqu'à Feurs.
Helmut me fait sacrément mal au cul depuis un bon moment. Je songe à le renommer Hell'mut. J'arrive à Feurs très fatigué, et, chose étrange, quasiment tous les restos sont fermés (hors kebabs et pizzerias). J'arrive au bout d'un bonne demi-heure à en trouver un, et le steak frites fut salvateur. Au passage, grâce au miroir des toilettes je m'aperçois que j'ai pris un bon coup de soleil sur la tête entière et que je ressemble à une allumette géante. Je sympathise avec la serveuse, qui semble fort intriguée et intéressée par ma façon de voyager. Il est presque 21h30 quand je repars et j'ai intérêt à trouver un endroit pour pioncer fissa, car la nuit est déjà presque tombée. Au bout de vingts bonnes minutes, à l'abord d'un pont, je descends un petit sentier caché et tombe sur un magnifique parc à l'herbe grasse en bord de Loire. Je suis content, avec l'expérience je sens de mieux en mieux comment trouver les bons coins. Il ne me faudra pas plus de 5 minutes pour monter le bivouac, je maitrise à présent. Au dodo !
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EP2 J2: Le Puy-en-Velay – Aurec sur Loire

Vers 6h00 je me réveille à nouveau, et, quelle surprise, j'ai froid, et je ne sens plus mes orteils. Il faut dire que comme je prends des médicaments pour l'hypertension je suis sujet au syndrome de Reynaud, une mauvaise circulation du sang dans les doigts et orteils, qui augmentent fortement le risque d'endormissement et d'engelures.

Je réfléchis une minute ou deux concernant l'attitude à adopter, partir de suite ou attendre les rayons salvateurs du soleil. Constatant que je suis face à l'ouest, et que derrière moi se trouvent des falaises, j'en conclus qu'il faudra que j'attende un bon moment avant que le soleil passe au dessus pour me réchauffer. De plus faire de l'exercice physique est certainement le meilleur moyen de récupérer l'usage de l'extrémité de mes pieds. Je remballe et reprends la route.
Ça caille !!! J'enfile des chaussettes sur mes mitaines pour ne plus avoir froid aux doigts, et mon keffieh autour du cou. Heureusement la route descend, et à l'entrée d'un petit village je tombe sur un e petite épicerie. J'entends la patronne discuter avec un client :
« - Fait pas chaud ce matin hein !
-Ah m'en parlez pas, 6° quand je suis parti de chez moi ! »
Et pourtant ils n'ont pas passé la nuit dehors, eux!

J'en profite pour acheter du chocolat (du sucre, et le meilleur antidépresseur!), un petit pain pour le p'tit dej, et remplir mon bidon d'eau.

A peine plus loin je m'arrête au bar central, pour prendre un chocolat chaud, un jus d'orange et me réchauffer durablement. Il est tenu par un couple de p'tits vieux, super gentils, qui semblent s'écrouler sous le poids des années. Je m'installe dans le fond, sors mon netbook et commence à rédiger ce billet.
Les habitués du petit noir se succèdent au zinc, sur ambiance légère de musette qui émane de la radio. J'aime bien la musette, je sais pas pourquoi, et particulièrement dans un endroit comme ça, même si ça fait très cliché franchouillard.

Certaines conversations me font rire, et particulièrement les « Fait sacrément frisquet ce matin! » qui viennent aux lèvres de chaque client sans exception. Ça parle des merles qui bouffent les fruits, des martres qui causent des dégâts et déciment les pigeons d'élevage, de cet été pourri (« C'est déjà fini l'été, moi j'vous'l'dis! Ah c'est bien un monde ça!»), du chien d'un client sauvé in extremis, d'un autre client qui vient de perde le sien, et d'une vache d'un paysan du coin qui aurait chopé la vache folle (« c'est comme ces cochons d'anglais, avec leurs vaches clonées, qu'ils congèlent. On est empoisonnés, ils sont fous! »
Je passe donc un agréable moment, mais il est déjà 9h15, je suis réchauffé, je termine mon billet et il est temps de reprendre la route. Avec un agréable souvenir en plus.

La route descend dans un premier temps, ce qui me semble parfait pour un échauffement, mais je ne tarde pas à me rendre compte que ça ne va pas durer, car il n'est pas vraiment possible de suivre la Loire. Dans les gorges, il faut monter les cols, et les descentes salvatrices paraissent bien courtes pour récupérer. Néanmoins les paysages sont jolis, un petit vent vient me rafraichir, je passe dans des petits villages sympas.

Croisant des panneaux indiquant une fête médiévale à Bas-en-Basset, je décide de faire le détour. Mais dans la montée, voilà que mon dérailleur avant se met à faire des siennes : impossible de passer le petit plateau. Je mets environ une heure à le régler, et encore pas parfaitement, car du coup je ne peux plus passer sur le grand plateau. Mais c'est un bon compromis, car je l'utilise très peu comparé au petit. Finalement j'abandonne l'idée de cette fête médiévale et me concentre sur la route, car demain c'est dimanche et il faudrait que je trouve une boutique de cyclisme pour me faire le bon réglage encore aujourd'hui. Frustration supplémentaire quand j'aperçois des gens dans un champ en train de faire de l'aéromodélisme. J'aurais bien aimé avoir le temps d'aller à leur rencontre et voir voler ces engins de près, mais bon...

Au bout de 80km, je m'arrête à Aurec sur Loire, un joli village, pour boire une petite mousse dans un café près de l'église. Malheureusement ma tranquillité fut gâchée à la sortie des mariés par un concert de klaxons et de moteurs rugissants, le marié et ses potes jackys étant membres d'un club de tuning... De vrais beaufs. Heureusement mon dérailleur va mieux, j'ai eu le temps de l'apprivoiser en cours de route, ça ratatouille encore un peu, mais les vitesses passent. J'affinerai demain.

Je trouve un superbe endroit pour passer la nuit, au bord d'un bras de Loire, près d'une forêt, en face des falaises de l'autre rive. Petits conseils de bivouac : utilisez les fils de stabilisation de la tente pour faire sécher vos vêtements et autres. Comme déodorant et désinfectant, la pierre d'Alun (la vraie, potassium alum, surtout pas aluminium alum) est très efficace. Mettez vos poubelles dehors, et si possible à une bonne dizaines de mètres de votre bivouac, ça évitera d'attirer les animaux. Personnellement je prépare et range tout le soir pour être prêt à décoller le plus rapidement possible, ça m'a déjà une fois sauvé la mise, en Slovénie. Pour le vélo, je le cadenasse, et j'attache discrètement les fils de stabilisation de la tente aux rayons des roues. Si un animal ou querlqu'un y touche, ça fera bouger la tente ce qui l'effraiera. Pas envie de me retrouver avec un coup de crocs dans un pneu.
Après un repas un peu extraordinaire grâce au bloc de foie gras qui trainait dans mon frigo à Strasbourg depuis de longs mois, je pars me baigner dans la Loire, nu comme un ver, et c'est un vrai bonheur. Je ne me couche pas trop tard, ayant vraiment besoin de sommeil, en espérant que le froid ne s'invitera pas.
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EP2 J1: Le Puy-en-Velay

e passe rapidement sur les 8h de train nécessaires pour me rendre au Puy. Première constatation, fini le plat de la plaine d'Alsace, ici tout est vallonné. J'enfourche directement mon vélo pour aller faire quelques emplettes alimentaires (pain, Cantal, St Nectaire, compotes et saucisson) et passer à l'office du tourisme. Le Puy-en-Velay est une très jolie petite ville, avec plein de petites ruelles, de vieux bâtiments typiques, le centre est entièrement pavé ou presque. Le fameux rocher Corneille avec la statue Notre Dame de France surplombe la ville qui s'articule autour, sur les flancs de la colline. À quelques centaines de mètres, à Aiguilhe, le célèbre rocher St-Michel, certainement le site le plus connu, avec sont église, lui donne la réplique. Ça devait vraiment être un travail titanesque d'amener les matériaux et de construire un tel édifice là haut, les hommes avaient vraiment un grain à l'époque.

Mais je ne m'attarde pas au centre, car j'ai vraiment besoin de bouger, et il commence à se faire tard, il me faudra trouver un endroit pour la nuit. Et puis j'ai envie de voir celle qui sera ma compagnonne de voyage tout au long : la Loire. Je la retrouve un peu au nord du Puy, et pour l'instant il s'agit d'une simple rivière, assez grosse tout de même, très calme. Je continue ma route sur la bien nommée « Route des Gorges de la Loire », et ne tarde pas à me rendre compte qu'il va être difficile de trouver un bon endroit ou bivouaquer, celle-ci étant bordée d'un coté par des falaises, et de l'autre par un ravin qui descend jusqu'à la Loire.

Heureusement au bout de 15km, j'aperçois un petit sentier qui semble descendre vers le futur fleuve. Je le suis, et j'arrive sur une sorte de clairière recouverte de galets, ou je rencontre un couple de rastas en train de poser leur tente. Si je m'attendais à voir des gens dans un pareil endroit ! Je m'assure que ça ne les dérange pas si je pose mon hamac un peu plus loin, et m'attèle aussitôt à la tâche. Le temps de comprendre comment bien faire les noeuds, c'est à dire trois essais et trois chutes par terre, et voilà mon lit d'appoint prêt. Je retourne voir les rastas histoire de faire un peu plus ample connaissance, ils s'appellent Steve et Cathy, sont descendus de Paris à Marseille, et maintenant rentrent chez eux au gré de leurs envies, en vélo, mais aussi en prenant le train pour plus de souplesse. On bavarde et rigole encore un peu, mais la nuit tombe, et je les quitte pour aller rejoindre Morphée.

La nuit est claire et semble douce, je m'endors rapidement. Vers 1h du matin, je me réveille et j'ai froid. Le hamac est froid et je fais l'effort de sortir du sac de couchage aller chercher mon sac à viande. Je me glisse à l'intérieur de mes deux sacs et me rendors tant bien que mal. Je me réveille à nouveau, transi de froid et grelottant. Je me dis dans un premier temps que le soleil va bientôt se lever et que je vais tenir jusque là. Je regarde l'heure : 3h00. Merde, faudrait voir à ne pas tomber malade dès le premier jour ! Je me relève, enfile 2 t-shirts, un pull, mon pantalon, des chaussettes. Je retourne me coucher avec mon kilt comme couverture pour les pieds.
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Épisode 2 : la Loire à vélo : J0 - Préparatifs et départ

C'est reparti pour un tour, et cette fois-ci, en vélo !
Ce second voyage m'a été inspiré par mon ami Christophe Richard qui à effectué un parcours similaire il y a deux ans. Le principe est de descendre le long de la Loire à vélo, en partant de la source, le Mont Gerbier-De-Jonc, jusqu'à aussi loin que possible, c'est à dire Nantes, puis la mer.
De plus j'ai de nombreuses connaissances et amis sur le parcours, ça me fera bien plaisir de les revoir.

Les préparatifs on été assez houleux. Vu que j'étais en colonies de vacances avec les jeunes tout le mois de juillet, je n'ai pas pu m'occuper de trouver un vélo et le matériel adéquat. Et trouver un vélo correspondant à ses besoins, à sa taille, à prix raisonnable est un véritable parcours du combattant. Je crois qu'en une journée j'ai fait tous les magasins de Strasbourg et environs pour comparer les offres, les prix, la disponibilité, et au final, à ma taille (pourtant assez standard) il n'y avait qu'une demi-douzaines de vélos possible. Je cherchais quelque chose de robuste, fiable, simple à réparer et pour 500€ maximum. Et bien sur, quand je trouvais un vélo correspondant à ces critères, il n'avaient pas ma taille, et inversement.
Finalement c'est dans un petit magasin Avenue des Vosges (Cycles Suss Morel) que j'ai trouvé mon bonheur. Un vélo allemand, préparé pour le trekking, à 499€. je l'ai obtenu à 450€, avec une chambre à air offerte, et le remplacement des freins à disque d'origine par des freins classiques type V-brake, mois performants, mais plus simples à entretenir, et il est plus aisé de trouver ces pièces à l'étranger. En plus le vendeur était sympa et semblait compétente, bref rien à redire.

Petite vidéo de présentation de l'engin, que j'ai affectueusement baptisé « Helmut », puisque de fabrication allemande :
Pour info c'est un Kalkhoff Voyager SRAM 24-G:

Pour ce qui est du matériel à emmener, j'ai fait un petit inventaire aussi, mais ça ressemble en gros au matériel de l'an dernier :
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A propos de moi:
Age:29 ans.
Taille:1m83.
Poids:Sponsorisé par Picon et Cochonou.
Yeux:Gris-Vert avec un cercle jaune dedans, comme les mutants.
Cheveux:J'ai arrêté.
Piercings:Non, toujours étanche.
Tatouages:Oui mais non.
Astro:Comme tous les poissons, je ne crois pas à l'horoscope.
Religion:Schpouit

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