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Sur le trajet, la végétation change pour se transformer de plus en plus en maquis. De nombreuses maisons détruites, abandonnées, en construction ou en construction abandonnée sont visibles depuis la fenêtre de l'autobus. Ici, bien plus qu'en Slovénie ou à Zagreb, on voit que la guerre est passée.Je débarque à Split vers 21h00, après 5 pénibles heures de trajet, et d'emblée, la ville ne m'apparaît pas du tout comme sympathique. Des dizaines de femmes d'age mûr m'accostent pour me proposer une chambre. J'ai presque l'impression qu'elles cherchent un gigolo. :-) C'est oppressant et bien que par la suite plusieurs personnes m'aient affirmé avoir trouvé des prestations correctes, j'avais déjà choisi d'aller en auberge de jeunesse. Split à toutes les caractéristiques d'un ville côtière touristique: beaucoup de gens, très « fashion style », une grande promenade au bord de mer, des tas d'échoppes vendant t-shirts, lunettes de soleil, chapeaux, écharpes et maillots de football, beaucoup de fast-foods. Pas mon truc à priori.
Après quelques minutes de marche j'arrive chez Elda, la taulière de l'auberge qui d'emblée me fait rire avec son style très « mamma » italienne: « riiiilaaax riiilaaax, I've got roooooms no probleeeeem ». Vraiment sympa cet endroit, il s'agit d'une ancienne maison reconvertie en dortoirs. Il y a une petite cour intérieure très fleurie, un patio, une cuisine, on se sent comme à la maison. Avec Elda comme maman, et les autres voyageurs avec qui il est toujours plaisant de converser.
La première chose qui m'a marqué à Split, ce sont les cigales. On les entend quasiment partout dans la ville, sans arriver à déterminer exactement où elle se trouvent, mais leurs chants sont très puissants, parfois même un peu trop. Le centre historique de la ville est entouré de murailles formant un carré, qui compose le palais de Dioclétien. Il est doté d'un magnifique péristyle, une cathédrale, quatre grandes portes, des statues, et deux sortes de grand couloirs souterrains, habités par un énorme bazar durant la journée. Malgré le monde, il est fort plaisant de flâner dans les nombreuses ruelles qui s'enchevêtrent dans le désordre le plus total. Pourtant, même en prenant quasi-systématiquement celles qui me semblent les plus étroites et sombres, je ne parviens pas à me perdre. Au détour de l'une d'elles, je croise un couple de chat en train de copuler, sous les yeux d'un petit chaton noir, pareil à celui que j'ai laissé à Zagreb. Coïncidences... Le centre de Split n'est pas vraiment immense. À l'est se trouve le port, surplombé par la colline du Marjan, très verte sur laquelle les constructions sont prohibées. C'est là qu'on trouve la plus belle vue sur la cité, mais par faute de temps, je n'ai malheureusement pu m'y rendre et en profiter.
Ayant des envies maritimes, je me tente au bateau-stop dans l'après-midi. Arpentant les quais avec mon panneau « Looking for Dubrovnik by boat », je fais plutôt sourire les plaisanciers, peu habitués à ce qu'un tel hurluberlu vienne les héler pour s'incruster dans leur embarcation. Certain me répondent qu'il m'auraient bien pris, mais qu'il remontaient vers Rijeka – peut-être avec un peu d'hypocrisie -, d'autres me donnent des conseils, m'expliquant qu'il vaut mieux passer le soir ou le matin lorsque les bateaux ne sont pas en mer, ou les gens en ville. Au final, je vais devoir finalement rejoindre Dubrovnik sur le plancher des vaches, mais ce n'est pas grave, j'ai la satisfaction d'avoir essayé, et j'ai passé un bon moment en m'amusant.
De retour sous le toit d'Elda, qui fort généreusement me permet de rester, laisser mon sac, prendre une douche et utiliser Internet jusqu'à mon départ à 1h30, alors même que le checkout est à 11h normalement, j'entame une longue discussion avec un couple d'enseignants espagnols de Madrid. J'ai malheureusement oublié leur prénoms, il officie en maternelle, elle dans une école pour tout petits de 1 à 2 ans, chose qui n'existe pas en France. Nous échangeons sur le conditionnement dès le plus jeune âge, la façon d'enseigner, les divergences entre nos deux pays, nos vacances respectives dans les Balkans...puis il est déjà temps d'aller prendre le bus pour Dubrovnik. Arrivée prévue à 7h00.
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